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Frédérique Baverey

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Humidité dans une maison ancienne : causes et solutions durables

Une maison ancienne vit avec l’eau : elle en absorbe, puis la relâche. Le problème naît quand on bloque ce cycle, ou quand l’eau arrive en excès. Trois coupables reviennent presque toujours : l’eau du sol qui monte dans les murs, la vapeur de la vie quotidienne qui se condense, et la pluie qui s’infiltre. La bonne nouvelle : chaque cause a sa solution, à condition de poser le bon diagnostic avant de choisir un produit.

Une maison ancienne respire : comprendre avant d’agir

Avant 1948 environ, on bâtissait sans béton ni film plastique. Les murs en pierre, terre ou brique, liés à la chaux, posent directement sur le sol, sans barrière étanche. L’eau y entre donc naturellement, puis ressort par évaporation.

Ces matériaux sont dits perspirants : ils laissent passer la vapeur d’eau, mais freinent l’eau liquide. Ils jouent le rôle de régulateur d’hygrométrie (l’hygrométrie désigne le taux d’humidité de l’air) : ils absorbent l’excès, puis le restituent quand l’air s’assèche.

Tout l’enjeu tient donc en une phrase : laisser l’eau sortir aussi facilement qu’elle entre. Un air sain se situe entre 40 et 60 % d’humidité relative ; au-delà de 80 %, les moisissures s’installent (PNR du Gâtinais français, 2024).

Les trois sources d’humidité

1. Les remontées capillaires : l’eau du sol qui monte dans le mur

La capillarité est la capacité d’un liquide à grimper dans de minuscules canaux, comme le café dans un morceau de sucre. Les pierres et mortiers anciens sont pleins de ces canaux. L’eau du sol imbibe les fondations, monte dans le mur, puis s’évapore par sa surface.

En s’évaporant, elle dépose les sels minéraux qu’elle transportait. Ces sels forment des fleurs blanches (le salpêtre) et font éclater enduits et pierres en cristallisant (CAUE du Doubs, 2019).

2. La condensation : l’humidité que nous produisons

Respirer, cuisiner, se doucher, faire sécher du linge : une famille de quatre personnes émet environ 12 litres de vapeur d’eau par jour (PNR du Gâtinais français, 2024). Quand cet air chaud touche une surface froide, la vapeur redevient liquide : c’est le point de rosée. Pensez à la bouteille sortie du réfrigérateur qui se couvre de gouttelettes.

En maison ancienne, la condensation se loge dans les angles, derrière les meubles plaqués au mur, autour des fenêtres. Elle s’aggrave souvent après le remplacement des fenêtres : la maison devient plus étanche à l’air, sans ventilation pour compenser.

3. Les infiltrations : la pluie qui entre

L’eau de pluie pénètre par les fissures, les joints usés, un enduit vieilli, une menuiserie mal ajustée, une gouttière percée ou une toiture abîmée. Ces désordres apparaissent à n’importe quelle hauteur et s’intensifient après les pluies battantes, surtout sur la façade exposée aux vents dominants.

Reconnaître la cause : le diagnostic d’abord

Les trois causes se combinent souvent, et un mauvais diagnostic mène à des travaux inutiles, voire nuisibles. Ce tableau donne des premiers indices.

CauseOù regarderSignes typiquesQuand ça empire
Remontées capillairesBas des murs, jusqu’à 1 m environAuréoles horizontales en forme de vague, salpêtre, enduit qui s’effriteEn permanence, plus marqué en hiver
CondensationAngles, derrière les meubles, autour des fenêtres, salle de bainsBuée sur les vitres, points noirs de moisissure, odeur de renferméEn hiver, quand il fait froid dehors et qu’on chauffe
InfiltrationsN’importe quelle hauteur, façade exposée, sous toitureTaches localisées, coulures, peinture qui cloqueAprès une pluie battante

Pour trancher, faites appel à un professionnel du bâti ancien : architecte, conseiller France Rénov’ ou artisan formé. Il mesure l’humidité au cœur du mur, et pas seulement en surface, et observe l’environnement : pente du terrain, gouttières, revêtements existants. Le traitement de l’eau précède tous les autres travaux, isolation comprise.

Les solutions durables

Le fil conducteur : réduire l’eau qui arrive, faciliter l’eau qui repart.

Contre les remontées capillaires

  • Éloigner l’eau du pied de mur : retirer le béton ou l’enrobé collé contre la façade, le remplacer par une bande de gravier ou de terre végétalisée. Les racines des plantes pompent une partie de l’eau.
  • Drainer si le terrain reste gorgé d’eau : un drain périphérique, posé à distance du mur, collecte l’eau avant qu’elle l’atteigne.
  • Rendre au mur sa capacité à sécher : remplacer les enduits ciment par des enduits à la chaux, ouvrir les sols de cave ou de rez-de-chaussée bétonnés par un hérisson ventilé (couche de cailloux sous le sol, qui coupe la remontée d’eau et laisse l’air circuler).
  • Injections et procédés électriques : leur efficacité varie beaucoup sur une maçonnerie hétérogène (pierres de tailles différentes, joints de terre). Ils se discutent uniquement après diagnostic, en dernier recours, avec une entreprise qualifiée.

Contre la condensation

  • Ventiler : une ventilation mécanique adaptée (VMC hygroréglable, qui ajuste son débit au taux d’humidité) ou des entrées d’air sur les fenêtres neuves.
  • Chauffer de façon régulière plutôt que par à-coups : un mur tiède condense moins.
  • Aérer 5 à 10 minutes par jour, même en hiver, et décoller les meubles de quelques centimètres des murs froids.
  • Isoler avec des matériaux compatibles : chaux-chanvre, fibre de bois, liège, associés à un enduit perspirant.

Contre les infiltrations

  • Entretenir la toiture et les gouttières au moins une fois par an et après chaque tempête.
  • Refaire les joints et enduits abîmés à la chaux, compatible avec la pierre.
  • Reprendre les points singuliers : appuis de fenêtres, solins (raccords entre toit et mur), seuils.

Les erreurs à éviter

L’eau bloquée ressort toujours ailleurs, en plus forte concentration. Ces trois gestes, pourtant courants, aggravent la situation :

  1. Enduit ciment ou peinture étanche sur un mur ancien : l’eau reste piégée, la pierre se dégrade derrière.
  2. Doublage polystyrène collé contre un mur humide : l’humidité s’accumule entre le mur et l’isolant, à l’abri des regards.
  3. Dalle béton dans une cave ou un rez-de-chaussée en terre battue : l’eau du sol, privée de sortie, migre vers les murs et monte plus haut.
Construire en chaux-chanvre 150 150 Baverey Architectes

Construire en chaux-chanvre

Construire en chaux-chanvre

La quête de méthodes de construction durables et respectueuses de l’environnement a conduit à l’émergence de matériaux innovants. La construction en chaux-chanvre se distingue comme une solution écologique, alliant performance structurelle, isolation thermique et respect de l’écosystème.

Dans cet article, plongeons-nous dans le monde de la chaux et du chanvre pour découvrir les avantages et les possibilités offertes par cette technique de construction.

Qu’est ce que la chaux et le chanvre ?

La chaux et le chanvre ont une longue histoire dans la construction, remontant à des siècles. Ces matériaux ont été utilisés pour leurs propriétés naturelles, contribuant à la solidité des structures et à la régulation thermique des habitations. La chaux, issue de la calcination de la pierre calcaire, offre une excellente perméabilité à la vapeur d’eau, favorisant ainsi la régulation de l’humidité. Le chanvre, une plante à croissance rapide, est apprécié pour son impact environnemental réduit, son bilan carbone positif et sa capacité à absorber le dioxyde de carbone pendant sa croissance.

2_maison en chaux-chanvre à Plumaudan_construction eco-responsable_architecture écologique en matériaux naturels

Quels avantages à utiliser ce matériaux pour ma construction ?

La combinaison de la chaux et du chanvre donne naissance à un matériau léger mais robuste, offrant une excellente résistance mécanique. Cette synergie crée des murs qui absorbent et libèrent lentement la chaleur, assurant une température intérieure stable. De plus, la construction en chaux-chanvre excelle dans l’isolation thermique. Les murs présentent une conductivité thermique faible, réduisant ainsi la dépendance aux systèmes de chauffage et de refroidissement. Cette technique offre aussi une isolation acoustique efficace, créant des espaces intérieurs paisibles. Les constructions en chaux-chanvre sont connues pour leur durabilité. Les matériaux naturels utilisés résistent au temps et aux intempéries, nécessitant peu d’entretien. Cette caractéristique contribue à la pérennité des bâtiments et à la réduction des coûts à long terme. Enfin, la construction en chaux-chanvre offre une esthétique naturelle et variée, permettant une liberté créative pour concevoir des espaces uniques. Les murs texturés offrent chaleur et authenticité, tandis que la souplesse du matériau permet une diversité de formes, des courbes douces aux lignes angulaires. Les finitions personnalisables, lissées, texturées ou peintes, ajoutent une touche artistique, faisant de cette technique une alliance parfaite entre beauté et durabilité.

La construction en chaux-chanvre représente un mariage harmonieux entre la tradition et l’innovation, offrant des solutions durables pour les défis contemporains. En adoptant cette approche, nous pouvons construire des espaces qui respectent la planète tout en créant des environnements confortables et fonctionnels. Que la chaux et le chanvre guident nos pas vers un avenir bâti sur des fondations écologiques !

Découvrir nos projets en chaux chanvre ici.